L’éolien : les citoyens s’en mêlent !

ParisBerlin_EolienInvestir dans un parc éolien plutôt qu'ouvrir un compte épargne? L'idée fait lentement son chemin en France, tandis qu'outre-Rhin les "Bürger-Windparks" - ces parcs éoliens citoyens dont les bénéfices sont reversés aux riverains - ont fait apparition dès 1992. Un modèle encore difficile à transposer en France. TEXTE : CHANTAL MAIRESSE


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Lorsque Samuel Moison la rejoint fin 2005, l'association "Eoliennes en Pays de Vilaine" est à bout de souffle après avoir essuyé deux refus pour son projet de parc éolien coopératif. "Mais nous avons rebondi sur deux nouveaux sites", explique cet ingénieur de 29 ans. À Béganne dans le Morbihan et à Sévérac en Loire-Atlantique, huit éoliennes devraient être construites, pour une capacité totale de 2 MW, soit la consommation d'électricité de 16.000 familles. "La réponse définitive pour Béganne devrait arriver à l'automne, annonce l'ingénieur sans euphorie... Nous avions déposé le permis de construire en avril 2008". De tels délais ne sont pas rares en France où les administrations sont encore frileuses à l'idée d'autoriser ces intrusions paysagères. Une incertitude particulièrement pesante quand le projet est initié par des particuliers comme c'est le cas en Pays de Redon et Vilaine - une première en France. Les 300.000 euros nécessaires à l'étude de préfaisabilité ont été financés par le biais d'une SARL, détenue en majorité par l'association "Éoliennes en Pays de Vilaine" et ses adhérents, dont l'investissement variait de 100 à 10.000 euros.

Ensuite, une Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) sera créée pour réaliser et gérer les deux parcs éoliens. Le concept : émettre des parts d'un montant peu élevé (environ 200 euros) et redistribuer la totalité des bénéfices au niveau local. Coût total du projet : 24 millions d'euros.
Alors qu'il permet une meilleure acceptation des turbines par les riverains, le financement local de l'éolien est marginal en France, et le fait de sociétés privées. Celles-ci revendent des parts au public une fois le parc éolien construit (site de Lestrade-et-Thouels dans l'Aveyron), ou proposent aux riverains de participer au financement du projet dès sa phase initiale (site du Haut-des-Ailes en Lorraine).

En revanche, aucun projet coopératif n'a encore été réalisé. "De nombreuses communes nous contactent pour savoir comment nous procédons", témoigne Samuel Moison. Si la législation française a progressé, notamment avec l'introduction en mai 2000 d'une garantie de rachat de l'énergie éolienne à des tarifs définis (sensiblement inférieurs à ceux pratiqués outre-Rhin), "de nombreuses contraintes fragilisent les initiatives comme la nôtre", déplore l'ingénieur. Au premier chef, la réglementation de la collecte de fonds. Si la société veut contacter par voie de publicité plus de 100 actionnaires, elle doit effectuer un appel public à l'épargne. Une procédure longue et coûteuse, mal adaptée au financement local car pénalisant de fait les petites sociétés. De plus, un visa préalable doit être délivré par l'autorité des marchés financiers (AMF) à Paris. La procédure allemande est quant à elle, beaucoup plus souple. Son coût se limite à environ 30.000 euros et, dans le cas des projets éoliens, le dossier peut être étudié directement sur place, par des "experts au compte" régionaux. De surcroît, la France, peu expérimentée en matière de projets économiques locaux, manque d'outils financiers adaptés pour accompagner les particuliers désirant monter un projet éolien, tandis que ces services sont très développés en Allemagne.

Ces conditions propices ont permis un développement massif des parcs éoliens citoyens en l'Allemagne depuis l'introduction en 1990 de tarifs de rachat garantis. Si leur nombre exact n'est pas connu, Carlo Reeker, de l'association fédérale de l'énergie éolienne (BWE), estime qu' "ils produisent environ 10 MW, soit la moitié de la puissance éolienne totale du pays". L'agriculteur Hans-Detlef Feddersen compte parmi ces pionniers, qui se sont associés pour créer en 1992 le premier parc éolien participatif sur la commune de Friedrich-Wilhelm-Lübke-Koog à la frontière danoise. Sept ans plus tard et grâce au réinvestissement des bénéfices, le parc avait quadruplé sa puissance. "Si j'avais pu prévoir cette réussite, je me serais lancé tout seul dans le projet !", plaisante l'agriculteur qui possède des parts dans quatre parcs éoliens. Un investissement juteux au vu du projet faramineux dans lequel il s'est lancé: la création du premier parc éolien citoyen off-shore à l'ouest de l'île Sylt sur la Mer du Nord. Le projet de 80 éoliennes de 300 MW est actuellement en instruction... de quoi faire rêver les adhérents de la société "Eoliennes en Vilaine".

Ein ungleiches Paar

Mit der Koordinierungsstelle Windenergie e. V. findet zum ersten Mal ein Kooperationsprojekt zwischen Deutschland und Frankreich im Bereich der erneuerbaren Energien statt.

Initiiert durch das deutsche Bundesministerium für Umwelt und das französische Ministerium für Industrie wurde Ende 2006 ein Verein gegründet, der die Kooperation zwischen beiden Ländern im Bereich der Windenergie fördern soll. „Unsere Arbeit umfasst mehrere Ebenen", erklärt Laure Kaelble, die das Berliner Büro seit August 2008 leitet: „Wir organisieren Konferenzen zu spezifischen Aspekten der Windenergie, übersetzen auf Anfragen fachliche Texte, liefern Informationen und Kontakte im Partnerland und bieten unseren Mitgliedern eine Beratung an."
Ursprünglich durch öffentliche Gelder finanziert, soll sich der Verein künftig allein aus den Beiträgen der Mitglieder, zu denen Behörden, Gesellschaften, Gewerkschaften oder Rechtskanzleien gehören, tragen. 46 sind es aktuell, unter ihnen die französische Organisation für Umwelt- und Energiewirtschaft (ADEME), die Stiftung für Offshore-Windenergie oder Gesellschaften wie Enercon und Juwi.

Ein ziemlich ungleiches Netzwerk, wie es die Zahlen eindrucksvoll belegen: mit etwa 22 MW produziert Deutschland zehnmal soviel Strom aus Windenergie wie Frankreich. Dort decken die Windparks nur 1,2 % des gesamten Stromverbrauchs ab, gegenüber etwa 7% in Deutschland. Nun ist Frankreich aber auf Nachhol-Kurs: allein im Jahr 2007 wurde die Windenergie-Leistung um zwei Drittel von 1,5 auf 2,5 MW gesteigert. Bis 2020 soll sie sogar um das Zehnfache steigen. Dabei könnte die dreißigjährige Erfahrung Deutschlands mit Windparks von Nutzen sein. Und auf der anderen Seite werden angesichts des stagnierenden Inlandmarkts für die deutsche Windenergie- Industrie aufsteigende Exportmärkte künftig immer wichtiger. Heute gehen bereits jährlich zwei Drittel der deutschen Anlagen und Bauteile ins Ausland.

Trotz Frankreichs klarem Rückstand, „ist es in unserem Verein nicht so, dass der große deutsche Bruder den Franzosen sagt, wie sie an die Sache heranzugehen haben", stellt Laure Kaelble klar. „Auf unseren Konferenzen findet ein tatsächlicher Austausch statt, und gerade im gesetzgeberischen oder technischen Bereich kann Frankreich einen innovativen Beitrag leisten."

TEXTE : CHANTAL MAIRESSE