L'Allemagne entre revendications salariales et peur de l’inflation

CIDAL Allemagne revendications et peurDifficile de prendre le train en Allemagne, ce jeudi 10 mars ! Une grève massive des conducteurs a désorganisé une grande partie du trafic de marchandises et de voyageurs dans tout le pays. Le syndicat GdL réclame, en effet, pour ses 26 000 adhérents des hausses de salaires et la signature d'une convention collective sectorielle. Il n'est pas le seul. Alors que des négociations tarifaires s'ouvrent dans de nombreuses branches, les syndicats allemands multiplient les grèves pour obtenir une répartition des fruits de la croissance plus favorable aux salariés.

Ainsi, qu'ils soient policiers, salariés des universités, enseignants ou cheminots : tous sont descendus dans la rue, ces derniers jours, pour réclamer des rémunérations plus élevées. La hausse des prix, en particulier en matière d'énergie et de santé, absorbe une partie des revenus. Il faut la compenser, notamment pour les plus modestes, justifie le syndicat Ver.di.

Meilleur partage

Selon le quotidien Handelsblatt (édition du 7 mars), « il est clair que les syndicats ont résolu d'obtenir des concessions importantes lors des négociations tarifaires de 2011 ». Le syndicat de la chimie IG BCE est le plus gourmand : il réclame une augmentation de 7 %, inédite depuis l'essor de 2007, pour les 550 000 salariés de l'industrie chimique.

Le syndicat de la constuction IG Bau n'est pas en reste. Il revendique une hausse de 5,9 % pour les 700 000 ouvriers du secteur. Quant à Ver.di, qui représente les 600 000 salariés de la fonction publique régionale et quelque deux millions de fonctionnaires, il demande 5 % d'augmentation.

Le contexte est favorable à ces revendications. Après la violente récession de 2009, l'économie allemande a repris, depuis 2010, le chemin d'une croissance dynamique. Or, après une décennie de modération salariale, il est peu surprenant que les syndicats réclament un partage des fruits de la croissance plus favorable aux salariés. Le gouvernement allemand lui-même y incitait les entreprises ces derniers mois.

Craintes

De nombreux économistes observent, toutefois, cette évolution avec inquiétude. Ils mettent en garde contre l'enclenchement d'une spirale inflationniste qui étoufferait la croissance. Un tel phénomène s'est produit en Allemagne à partir du milieu des années 1970, au lendemain du premier choc pétrolier. Arguant de la hausse des prix, les syndicats avaient arraché de fortes augmentations des rémunérations, qui avaient durablement handicapé la croissance.

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