La responsabilité des chômeurs en Allemagne et en France

PB Responsabilité des chômeurs en Allemagne et en FranceLa France et l'Allemagne disposent de systèmes d'assurance pour les personnes en inactivité. Une tâche sociale aussi nécessaire que complexe. TEXTE : MARLENE GOETZ


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En France comme en Allemagne, l'assurance-chômage est gérée par les partenaires sociaux. Les indemnisations sont financées par les salariés et les entreprises. L'Etat donne l'orientation générale de la politique de l'emploi. C'est le mode de financement des aides - impôts ou cotisations - qui détermine s'il s'agit d'"assistance" ou d'"assurance". En ce qui concerne les allocations chômage, pour un an d'affiliation, la France s'engage à un an d'indemnisation, l'Allemagne à six mois. En France, il existe un montant minimum de 810,90 euros par mois, pas en Allemagne. L'allocation maximale française atteint plus de 5000 euros, alors qu'en Allemagne, selon la catégorie d'imposition et la situation familiale, le montant maximal dépasse à peine 2 000 euros. Les collectivités prennent le relais de la gestion paritaire en finançant par l'impôt l'aide sociale destinée aux chômeurs en fin de droits.

En France, l'Allocation spécifique de solidarité (ASS) a été créée en 1984 ; puis le Revenu minimum d'insertion (RMI) en 1988, qui a été remplacé par le Revenu de solidarité active (RSA) en 2009, ce qui correspond à 467 euros pour une personne vivant seule sans enfant. En Allemagne, l'aide sociale existe depuis 1956, mais s'appelle "Arbeitlosengeld II" depuis 2005 (surnommé Hartz IV d'après son créateur Peter Hartz), et s'élève actuellement à 364 euros par mois en plus du loyer. Dans les deux pays, face à la montée du chômage à partir des années 70, des séries de réformes ont tenté d'adapter le système d'indemnisation au marché du travail. En France, le déficit grandissant de l'Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (UNEDIC), engendré par des années de conjoncture difficile, a mené à une baisse des indemnisations, tant au niveau des montants que des durées d'indemnisation.

Le casse-tête des réformes

Le gouvernement français a tenté de rationaliser les institutions gestionnaires du système de chômage. Cela s'est traduit par la fusion, fin 2008, de l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) et l'Association pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Assedic) au sein du Pôle emploi.
En Allemagne, l'un des buts des réformes "Hartz" du gouvernement Schröder II - qui a aussi réformé le fonctionnement de la Bundesagentur für Arbeit - était de développer le secteur des emplois à bas salaires. "C'est un changement de paradigmes : les aides étaient tellement généreuses auparavant, que cela créait des trappes à inactivité, il fallait donc baisser les revenus de subvention pour rendre plus attractive la reprise de l'emploi", affirme Isabelle Bourgeois du Centre d'information et de recherche sur l'Allemagne contemporaine (CIRAC). Si la réforme a réussi à supprimer le cumul des indemnités chômage et des aides sociales, toutes les mesures - notamment l'introduction des "mini-jobs" - n'ont pourtant pas été couronnées de succès.

Etant donné les critiques et l'évolution permanente des marchés du travail, une chose semble sûre pour l'avenir : de nouvelles réformes sont inévitables dans les deux pays.

TEXTE : MARLENE GOETZ