La prévention du « burn out » en Allemagne

CIDAL Prévention du burn out en AllemagneDes dossiers qui s'empilent, des délais qui rétrécissent, des courriels et appels téléphoniques qui déferlent : la vie professionnelle moderne est de plus en plus exigeante. Aussi, nombreux sont ceux qui « craquent ». Selon l'OCDE, un salarié sur cinq serait aujourd'hui victime de troubles psychiques. Dans la presse, les mots de « burn out » (épuisement) et de dépression ne sont plus tabous. En Allemagne, la ministre du Travail et des affaires sociales, Ursula von der Leyen, veut faire de la prévention de ces fléaux son cheval de bataille pour 2012.

« Les dernières décennies ont vu de grands progrès dans la réduction des dommages corporels liés au travail, par exemple au travail à la chaîne. Nous sommes capables de faire la même chose pour les maladies psychiques », a-t-elle déclaré récemment au journal Die Welt. La ministre sonne la mobilisation : la prévention du « burn out » et des troubles psychiques sera, en 2012, la priorité de la Stratégie commune allemande pour la sécurité et la santé au travail (GDA), une initiative lancée en 2008 par l'État, les Länder et les caisses d'assurance des accidents du travail pour mettre en valeur la notion de prévention.

Le phénomène prend de l'ampleur

Un bref regard sur les chiffres suffit à prendre la mesure du phénomène. Il est aujourd'hui en pleine expansion. Ainsi, en quinze ans, le nombre de jours d'arrêt de travail liés à des troubles psychiques a doublé en Allemagne. En 2010, ces derniers ont également constitué la première cause de départ en retraite anticipé (près de 40 % des départs), bien loin devant les troubles musculo-squelettiques (15 %), les maladies cardio-vasculaires (10 %) ou les maladies du système nerveux (6 %).

Bien entendu, tout cela coûte très cher : près de 27 milliards d'euros par an, estime-t-on outre-Rhin. Mais la facture ne se résume pas à un chiffre. Il faut considérer les dégâts humains, individuels et collectifs : chômage, arrêts maladie, retraites anticipées. Or, paradoxalement, le syndrôme du « burn out » touche prioritairement les salariés les plus investis dans leur travail, qui sont une richesse pour l'entreprise. « En moyenne, ces personnes cessent de travailler au milieu de la quarantaine - le prix à payer est donc vraiment élevé pour l'économie, l'État et la société », a souligné Mme von der Leyen.

Changer les mentalités

Alors, que faire ? La ministre juge la loi suffisante. Elle mise sur un changement des mentalités dans les entreprises. À ses yeux, ces dernières doivent combler un manque de connaissance du sujet. Elles doivent, notamment, être plus attentives aux signes avant-coureurs, tels que les conflits, le manque de respect, le manque de motivation.

La ministre met également en garde contre les risques « non négligeables » liés au travail en open space. Ce type d'organisation de l'espace de travail collectif n'accroît pas seulement la quantité d'informations et de stimuli reçus par le salarié. « Un open space prive aussi les salariés de tout endroit pour s'isoler », regrette Mme von der Leyen. Même de courtes pauses sont impossibles.

Dernière recommandation, enfin : il faut apprendre à utiliser les technologies qui ont bouleversé notre environnement de travail, tels que les courriels et les téléphones portables.

De ces enjeux, les grandes entreprises ont déjà pris conscience. « Le nombre d'entreprises qui souhaitent réduire le stress psychique généré par les postes de travail est en augmentation », constate Walter Eichendorf, directeur principal adjoint de l'assurance des accidents du travail en Allemagne, interrogé par le quotidien Handelsblatt. C'est donc surtout vers les PME que sera déployée la nouvelle stratégie de prévention lancée par Mme von der Leyen.

Voir l'article original sur le site du CIDAL : La prévention du « burn out », priorité en 2012

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