La presse écrite allemande en plein bouleversement

CIDAL Presse écrite allemandeIl y a quelques mois, le quotidien allemand de centre gauche Frankfurter Rundschau annonçait sa faillite. Cette semaine, c'est au tour du Financial Times Deutschland (FTD), influent journal économique détenu par l'éditeur Grüner + Jahr, de faire les frais des bouleversements que traverse la presse écrite allemande.

Selon le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, le titre devrait cesser de paraître à partir du 8 décembre, avec 320 pertes d'emploi à la clé. Néanmoins, la crise ne condamne pas au pessimisme, commentent aujourd'hui plusieurs journaux.

Pour l'heure, la maison d'édition Grüner + Jahr (G+J) demeure discrète sur ses intentions. Selon l'un de ses portes-parole, le conseil de surveillance du groupe a autorisé la direction à « procéder à une vente, une fermeture partielle ou une fermeture définitive des médias économiques détenus par G+J ». Outre le FTD, cette décision concerne donc aussi deux autres titres de la presse économique, Impulse et Börse Online. « Des discussions sont actuellement en cours en vue d'une reprise éventuelle du FTD, mais aucune décision définitive de la direction n'a encore été prise », a précisé le porte-parole.

Un titre influent

Il n'empêche : la possible disparition du FTD résonne comme un coup de tonnerre. Créé au début des années 2000, ce titre phare de la presse économique allemande a un tirage raisonnable (102 000 exemplaires par jour). Mais il est très influent dans les milieux économiques et politiques, tout comme son concurrent direct, le Handelsblatt. En outre, ses difficultés ne sont pas isolées. D'autres grands quotidiens supra-régionaux, tels que la Süddeutsche Zeitung et même la Frankfurter Allgemeine Zeitung, traversent des turbulences.

La faillite de la Frankfurter Rundschau et les difficultés du FTD semblent ainsi révéler au grand jour les conséquences de bouleversements profonds dans le secteur de la presse. Concurrence de la presse en ligne, évolution du lectorat, plus éduqué, exigeant et volatile : ces mutations, en germe depuis une décennies dans de nombreux pays, avaient relativement épargné l'Allemagne jusqu'à présent. Mais désormais, « une sélection impitoyable a commencé » sur fond d'évolution des supports et des habitudes de lecture, analyse Die Zeit.

Quel avenir pour la presse écrite ?

Faut-il redouter la fin de la presse écrite ? En Allemagne comme en France, la crainte est parfois exprimée depuis quelques années. Mais ce n'est pas l'avis de nombreux commentateurs aujourd'hui. Du magazine Die Zeit au quotidien Die Welt, la presse allemande insiste plutôt aujourd'hui sur les nouvelles opportunités offertes par le numérique, analysant dans le détail les moyens pour la presse de s'y adapter. Pour beaucoup, le journalisme de qualité n'est pas mort. Tout au contraire. Et la vitalité de certains titres, tels que le site Internet Spiegel OnlineDie Zeit ou encore Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, incite plutôt à l'optimisme.

Source : allemagne.diplo.de