Étude : les constructeurs allemands compétitifs, mais gare aux coûts de production

Constructeurs allemands compétitifsRelativement épargnés par la crise des débouchés qui plombe le secteur automobile en Europe, les constructeurs allemands gardent la tête hors de l'eau et sont optimistes pour l'avenir. Selon une étude du cabinet de conseil Ernst & Young, 45 % d'entre eux jugent leur activité « bonne », et 90 % s'attendent à une amélioration dans les prochains mois. En Europe, par contre, seul un dirigeant automobile sur trois se déclare satisfait. 78 % anticipent une amélioration.

Ouverture aux marchés émergents

« Jusqu'à présent, beaucoup d'entreprises allemandes ont réussi à compenser l'atonie du marché en Europe occidentale par une forte présence sur les marchés émergents », commente Peter Fuß, partenaire chez Ernst & Young. Alors que le marché européen s'est effondré de 8 % en 2012, les marchés chinois et indien offrent d'immenses débouchés, sans compter la Russie et l'Amérique du Sud. Les constructeurs allemands jouissent, en outre, d'un autre atout : leur orientation vers le haut de gamme.

Pour exporter, ils peuvent, selon l'étude, s'appuyer sur leur compétitivité. Les 300 cadres dirigeants européens du secteur de l'automobile interrogés par Ernst & Young (dont 75 en Allemagne) jugent même que l'Allemagne est le site industriel le plus compétitif au monde, loin devant le Japon, qui figure à la deuxième place. Cette compétitivité apparaît patente dans trois domaines : la capacité d'innovation (citée par 80 % des sondés), la qualité des produits (88 %) et la productivité (74 %).

Les cadres dirigeants interrogés sont plus réservés sur l'évolution du coût du travail. Ils ne sont plus que 29 % à juger l'Allemagne compétitive en la matière, au lieu de 47 % en 2011. Le pays passe de la première à la 11e place, loin derrière les meilleurs, la Chine (citée par 71 % des sondés) et l'Inde (69 %). « L'Allemagne reste le leader mondial en termes de capacité d'innovation et de qualité. Et des produits haut de gamme se vendent à des prix haut de gamme. Néanmoins, il faut veiller à ne pas laisser les coûts déraper », résume M. Fuß.

Ernst & Young prévoit un nouveau recul de 2 % du marché automobile européen en 2013. Le marché allemand devrait, au mieux, stagner. Un nombre croissant de constructeurs allemands s'est d'ailleurs engagé dans une politique d'économies.

Source : www.allemagne.diplo.de