Etre professeur en France et en Allemagne, un métier qui ne fait plus recette

Professeur en France et en AllemagneL'enseignement séduit de moins en moins, en France comme en Allemagne, où les salaires sont pourtant bien supérieurs. TEXTE : RACHEL KNAEBEL


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L'éducation nationale recrute 17 000 personnes en 2011", annonçait au printemps dernier une campagne de communication du ministère français de l'Éducation. La pilule est mal passée du côté des syndicats enseignants, puisque, parallèlement, le gouvernement a supprimé 16 000 postes pour cette rentrée. Mais les vocations commencent bel et bien à faire défaut. Près de 1000 postes de titulaires n'ont pas été pourvus cette année dans des matières comme les mathématiques, les lettres ou l'anglais, faute de candidats aux concours en nombre suffisant. En Allemagne aussi les aspirants professeurs se font désirer. "Il n'y a pas assez d'étudiants dans les cursus de Lehramt pour remplacer les futurs départs à la retraite", explique Gesa Bruno-Latocha, du syndicat de l'Éducation GEW. Et le manque existe déjà pour certaines disciplines et régions. Berlin, par exemple, recherchait encore une centaine d'enseignants à la rentrée, mi-août.

C'est que l'Étatcapitale a décidé de ne plus fonctionnariser ses professeurs en 2004, afin de faire des économies. Ils restent de simples employés, comme leurs collègues de Mecklembourg-Poméranie et de Saxe. Et la rémunération nette s'en ressent. Car un fonctionnaire ne paie pas de cotisations sociales sur son traitement, contrairement à un salarié. La ville a bien relevé les salaires en 2010 pour attirer de nouvelles recrues, mais sans rattraper le niveau des collègues agents publics.

Différences de salaire

C'est de toutes façons bien plus que de l'autre côté du Rhin. En France, les professeurs du primaire et les certifiés (titulaires du Capes) débutent à 1 610 euros bruts pour finir au maximum à 3 620. Les agrégés démarrent, eux, à 1 750 et peuvent espérer jusqu'à 4 450 euros. Selon les chiffres de l'OCDE, le salaire moyen d'un enseignant allemand après 15 ans d'exercice s'élève à 60 000 euros annuels, contre moins de 40 000 euros en France. Mais les Allemands passent plus de temps avec les élèves que chez le voisin, dans le secondaire tout du moins : au moins 710 heures par an contre environ 640 en France. "Le temps d'enseignement a augmenté de deux ou trois heures par semaine partout dans le pays ces dernières années, précise Gesa Bruno-Latocha. C'est encore plus marqué à l'Est. En ex-RDA, un prof donnait 22 heures de cours (de 45 minutes). Aujourd'hui, c'est jusqu'à 28 heures." En France, les professeurs des collèges et lycées enseignent entre 15 et 18 heures par semaine. Des enseignants disposent aussi de leur propre clinique psychiatrique, l'institut Marcel-Rivière, depuis la fin des années 50. Comme quoi les difficultés du métier ne datent pas d'aujourd'hui.

TEXTE : RACHEL KNAEBEL