Emploi : l'Allemagne en manque de bras et de cerveaux

CIDAL Allemagne manque de bras et cerveauxLa dégradation des perspectives conjoncturelles n'a pas affecté la bonne santé du marché du travail en Allemagne. Selon l'Agence fédérale pour l'emploi (BA), le nombre de chômeurs n'a enregistré au mois d'août qu'une hausse minimale (+5 000) en données brutes. Il atteint 2 945 000, son niveau le plus bas depuis vingt ans. Le taux de chômage demeure stable (7 %).

Malgré le ralentissement de la dynamique économique, « le nombre de demandeurs d'emploi n'a augmenté que très légèrement, le nombre d'actifs rémunérés et de salariés soumis aux charges sociales continue de croître et la demande de main-d'œuvre demeure très forte », a commenté le président de la BA, Frank-Jürgen Weise.

238 000 chômeurs de moins en un an

La faible hausse du chômage est imputable à des effets saisonniers, les jeunes diplômés arrivant sur le marché du travail à une période où les entreprises embauchent peu. Si l'on fait abstraction de ce phénomène, le nombre de chômeurs a diminué au mois d'août de 8 000. Sur un an, la baisse atteint 238 000.

Car il ne faut pas s'y tromper : les entreprises allemandes recherchent de la main-d'œuvre pour assurer leurs commandes, et elles peinent de plus en plus à en trouver. L'indice des offres d'emploi de la BA bat des records, gagnant encore cinq points en un mois pour s'établir à 170. C'est du jamais vu depuis sa création en 2004.

« Les opportunités de trouver un emploi ont rarement été aussi bonnes qu'aujourd'hui. C'est pourquoi nous devons désormais concentrer nos forces sur des efforts ciblés de formation continue et de placement », a souligné la ministre du Travail et des Affaires sociales, Ursula von der Leyen.

Offres d'emploi dans tous les secteurs

La demande de travail est forte dans tous les secteurs. Certaines industries, telles que la métallurgie et l'électronique, ressentent même douloureusement la pénurie de main-d'œuvre qualifiée. Selon une enquête de la fédération patronale Gesamtmetall, un septième des entreprises du secteur verrait actuellement son chiffre d'affaires pénalisé par des difficultés de recrutement.

Cette situation représente une chance pour les salariés du bas de l'échelle. Une étude de l'Institut de l'économie allemande de Cologne (IW) révèle, en effet, qu'un quart des actifs à bas salaires parvient chaque année à sauter dans la catégorie de rémunération supérieure. À l'inverse, seuls 16 % sont menacés de tomber dans la pauvreté. Dans le contexte actuel, l'emploi précaire ou mal rémunéré apparaît de plus en plus comme un marchepied vers l'emploi classique.

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