Les entreprises allemandes s’implantent en Chine et aux Etats-Unis

CIDAL Entreprises allemandes en Chine et Etats-UnisA l'heure où la croissance allemande surprend les économistes par sa vigueur, les entreprises d'outre-Rhin frappent par leur dynamisme. De Volkswagen à RWE, en passant par BASF, Henkel, Allianz, Deutsche Bank, Daimler et Thyssen-Krupp, les sociétés allemandes ouvrent des usines et filiales en nombre à l'étranger, notamment en Chine et aux États-Unis. Mercredi, le quotidien économique Handelsblatt consacrait même sa une à ce phénomène qui annonce, selon lui, la consécration du « modèle allemand » par l'économie mondialisée.

« Les entreprises allemandes s'exportent elles-mêmes », rapporte le quotidien allemand. Mardi, le constructeur allemand Volkswagen a ainsi ouvert à Chattanooga, dans le Tennessee, un site de fabrication de véhicules qui doit l'aider à conquérir le marché américain. Un investissement de 700 millions d'euros, qui doit générer à terme 2 000 emplois.

Volkswagen rompt ainsi 23 ans d'absence aux États-Unis. Au total, le constructeur de Wolfsbourg compte investir près de 1,5 milliard d'euros, au cours des prochaines années, pour produire des véhicules sur le continent nord-américain. En effet, l'usine de Chattanooga est loin d'être un cas isolé. Volkswagen s'apprête également à investir quelque 10,6 milliards d'euros pour bâtir de nouveaux sites de production en Chine.

Bien plus, c'est l'industrie allemande dans son ensemble qui essaime de par le monde. Le groupe de chimie BASF, basé à Ludwigshafen, investit ainsi quelque 1,7 milliard d'euros dans la construction de deux usines à Nankin et Chongqing, en Chine. Il entend développer ses débouchés sur le marché chinois de précurseurs de matières plastiques. De son côté, Henkel, le géant des produits d'entretien, va ouvrir une usine de colles près de Shanghai. Une région où sont déjà présents Adidas, Allianz, Deutsche Bank. Le constructeur Daimler investit en Inde, le sidérurgiste ThyssenKrupp au Brésil et l'énergéticien RWE aux États-Unis.

En position de force à l'orée d'une 4e phase de la mondialisation

Selon le Handelsblatt, la reprise économique a ainsi accéléré la tendance au renforcement des investissements directs à l'étranger. En 2010, ces derniers ont grimpé de plus de 40 % pour atteindre 79 milliards d'euros. L'Europe reste toutefois leur principale destination avec 57 milliards d'euros. Mais les investissements vers les États-Unis (10 milliards d'euros) et l'Asie (7,4 milliards) progressent à des rythmes particulièrement élevés.

Selon Sebastian Mallaby, chercheur au Council on Foreign Relations (Conseil des relations étrangères) de Washington, le modèle économique allemand pourrait même s'imposer comme un modèle à suivre dans la quatrième phase de la mondialisation qui est en train de se dessiner. L'Allemagne qui, contrairement aux États-Unis, n'était pas en position de force durant les premières phases du processus, « a cultivé ses points forts : production de qualité, excellence de la formation technique, stabilité des relations sur le marché du travail », écrit-il dans les colonnes du Handelsblatt. « Il en résulte que l'Allemagne peut désormais arrimer son économie aux pays émergents et à leur forte croissance ».

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