La croissance fait fondre le chômage en Allemagne

CIDAL Chômage en Allemagne"Miracle", "cercle vertueux" : les expressions ne manquent pas pour qualifier les effets positifs de la reprise sur le marché du travail allemand depuis quelques mois. Aussi est-ce sans réelle surprise que le nombre de demandeurs d'emploi a de nouveau reculé en novembre. En baisse de 14 000 (en données brutes), il a atteint son niveau le plus bas depuis 1991 en cette période de l'année : 2,931 millions (7 % des actifs). Les jeunes et les chômeurs de longue durée en profitent. Un nombre croissant d'entreprises éprouvent des difficultés de recrutement.

Cette amélioration trouve une explication simple : la croissance. "Le marché du travail profite de l'évolution positive de la conjoncture. Le chômage baisse, l'emploi pleinement soumis aux charges sociales et le taux d'activité augmentent à nouveau sensiblement et la demande de main-d'œuvre croît", a commenté mercredi le président de l'Agence fédérale pour l'emploi (Bundesagentur für Arbeit), Frank-Jürgen Weise en présentant les chiffres.

Seuil symbolique, amélioration au quotidien

En un an, le nombre de demandeurs d'emploi a régressé, au total, de 284 000. Aux yeux des Allemands, un cap psychologique a été atteint lorsqu'il est repassé, fin octobre, sous la barre des trois millions. Au quotidien, ils sont nombreux à en ressentir les effets. Ainsi, le nombre de jeunes de moins de 25 ans sans emploi a diminué de 15 400 en un mois, et de 60 300 en un an (-20 %). Les mesures spécifiques prises en faveur des jeunes ont été efficaces, s'est félicitée la ministre du Travail et des Affaires sociales, Ursula von der Leyen.

-20 % de chômage chez les jeunes

Les jeunes ne sont toutefois pas seuls à pouvoir se réjouir. Les chômeurs de longue durée (douze mois et plus), une autre catégorie fragile, sont de plus en plus nombreux à retrouver un emploi. Le nombre a baissé de près de 80 000, à un rythme continu, depuis le mois de mars. Il s'établit à 890 000, soit un tiers environ du nombre total de chômeurs. Le "socle du chômage" continue de "fondre sous l'effet de la croissance", a commenté Mme von der Leyen.

D'autres signes reflètent la santé du marché du travail allemand. Exprimés en données corrigées des variations saisonnières, qui offrent un meilleur reflet de l'évolution réelle, les chiffres du mois de novembre restent ainsi clairement orientés à la baisse (-9 000). En outre, le nombre d'actifs est à nouveau en augmentation depuis un an. Il atteint un pic historique (près de 40,9 millions).

Des emplois majoritairement stables

Enfin, les emplois proposés sont stables. "Que l'on soit homme ou femme, jeune ou vieux, de l'Est ou de l'Ouest, à temps partiel ou à temps plein : c'est dans la catégorie des emplois pleinement soumis aux charges sociales que la demande s'accélère", a constaté Mme von der Leyen. L'écart entre les taux de chômage de l'Est (10,7 %) et de l'Ouest (6 %) s'est d'ailleurs réduit.

Selon les spécialistes, le marché du travail allemand devrait conserver ce dynamisme au cours des prochains mois. Dans un premier temps, l'arrivée de l'hiver, qui réduit l'activité dans certains secteurs comme le bâtiment ou l'agriculture, devrait faire remonter le nombre de chômeurs. Celui-ci pourrait augmenter de quelque 300 000 d'ici à janvier-février 2011, a avancé M. Weise. Mais, à plus long terme, les économistes s'accordent à penser que la tendance reste orientée à la baisse.

Défi majeur pour l'avenir

Le marché du travail allemand n'en sera pas moins confronté à un problème majeur : la pénurie de main-d'œuvre qualifiée. Dès aujourd'hui, les secteurs qui suppriment des emplois (industrie, fonction publique, banque-assurance) sont moins nombreux que ceux qui en créent (construction, commerce, transport et logistique, hôtellerie-restauration). Ingénieurs, médecins, infirmières sont ardemment recherchés. Selon certains experts, la difficulté des entreprises à trouver les profils dont ils ont besoin pourrait même expliquer le début de ralentissement de la décrue du chômage depuis l'été. Or, le phénomène ne fait que commencer. Le resserrement au bas de la pyramide des âges ne peut qu'aggraver la pénurie.

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